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Convegno · Settembre 2005

Capoterra 1655-2005

350 anni di una nuova storia — Atti del convegno

En 2005, à l'occasion du 350e anniversaire de la refondation de Capoterra, un colloque historique a réuni archéologues, historiens et chercheurs pour reconstituer l'histoire du territoire depuis ses origines préhistoriques jusqu'à nos jours. La table ronde s'est tenue à Casa Melis, animée par le journaliste Claudio Curusi, avec les salutations institutionnelles du maire Giorgio Marongiu et de l'adjoint à la culture Enrico Congedo.

« Nous devons nous souvenir et commémorer avec respect ceux qui nous ont précédés, qui nous ont aimés, gouvernés et se sont distingués pour le bien de la communauté. »

— Du colloque, 2005

Le colloque a mis au jour des informations inédites : découvertes archéologiques jamais publiées, documents des archives paroissiales et communales, témoignages oraux des anciens, et un appel pressant pour la protection du patrimoine historique menacé par le développement immobilier. Tous les intervenants étaient de Capoterra : un signal, comme l'a souligné le maire Marongiu, que la communauté disposait désormais des intelligences et des compétences pour aborder sa propre histoire en première personne.

Les quatre sessions

1

Première partie — Les origines romaines et médiévales

  • Étymologie de Capoterra et la voie romaine Cagliari-Nora
  • La villa romaine de Su Loi avec thermes et mosaïques
  • Les mines de fer à Sant'Antonio et les mineurs de Thrace
  • L'église de Santa Barbara (1281) et les bassins céramiques islamiques
  • Le sanctuaire païen de Punta Santa Barbara avec des centaines de pièces romaines
  • La destruction de 1355 par le vice-roi Berengario Carroz
2

Deuxième partie — De la refondation au féodalisme (1655-1840)

  • La charte du 9 mai 1655 et le Baron Girolamo Torrelas Spiga
  • Les familles fondatrices : Atzori, Dessì, Piras, Perra, Casu, Melis, Lecca
  • Le premier recensement de 1656 : 7 foyers, 28 habitants
  • La succession baroniale et les saisies royales
  • La réforme administrative de 1771 de Charles-Emmanuel III
  • La toponymie originale : Sugaminu, Sustrintu de Mesoida, Subamino de Subarropu
  • La vie quotidienne : artisans, bergers, femmes aux fontaines
3

Troisième partie — L'église et la communauté (1700-1950)

  • Plus de 20 fêtes religieuses annuelles au XVIIIe siècle
  • Les recteurs : Atzori, Leka, Musio, Domocci, Olla
  • Le recteur Leka : 50 ans de direction combative (1890-1940)
  • Les Donne di Carità : 50 bénévoles pour 40 familles
  • La construction de l'église paroissiale (1858) et l'effondrement de la nef
  • L'inondation de 1898 et les dommages à l'église
  • Le don Zarpata de 1944 pour l'orphelinat
  • Les litiges avec le Marquis Manca di Vallermosa pour les propriétés ecclésiastiques
4

Quatrième partie — Développement et patrimoine en péril

  • Recherche des élèves sur la vie quotidienne et l'école au XIXe siècle
  • Documents criminels de 1810-1835 : violence et crise économique
  • La transformation du paysage de 1655 à aujourd'hui
  • L'industrie chimique des années 1960 et l'urbanisation côtière
  • La destruction de l'église de Santa Maria Maddalena en 1998
  • L'appel pour la protection du patrimoine archéologique

Première partie — Les origines romaines et médiévales

La première session s'ouvrit par l'intervention de l'archéologue Maria Grazia Melis, chercheuse en préhistoire et protohistoire à l'Université de Sassari, qui avait réalisé le pré-recensement archéologique du territoire communal. Son travail partait d'un constat amer : le tableau des trouvailles apparaissait lacunaire, endommagé par la forte anthropisation, les travaux publics, l'expansion immobilière et l'action des fouilleurs clandestins, qui dans le territoire de Capoterra avait été « vraiment lourde ». Ce qui faisait le plus défaut, c'était une carte du risque archéologique — une cartographie systématique des sites d'intérêt culturel pour leur sauvegarde.

Le Néolithique et les premières communautés

Les traces les plus anciennes de présence humaine dans le territoire de Capoterra remontent au Néolithique, la période où l'homme accomplit la grande révolution en passant d'une économie de cueillette et de chasse à la production agricole et à l'élevage. Melis expliqua comment le territoire de Capoterra constituait un « écosystème complexe » : zone collinaire et montagneuse, plaine fertile, la mer et surtout l'étang de Santa Gilla, l'une des zones humides les plus importantes de Sardaigne, riche en poissons, coquillages et sel.

Des outils en obsidienne furent retrouvés le long des deux principaux cours d'eau, le Rio Santa Lucia et le Rio San Geronamo. Les deux sites les plus importants étaient Cucuruiba (à la localité Terreolia/Sugoceri, désormais disparu sous les salines) et Tanca di Missa (près du Rio Santa Lucia, détruit par les travaux de bonification). Ce dernier livra des fragments céramiques de la culture de San Michele di Ozieri, une meule en roche métamorphique et des éclats d'obsidienne attestant des contacts avec la Sardaigne centrale.

De l'analyse des sols, Melis émit l'hypothèse que la pêche, la collecte de coquillages et le sel prédominaient à Cucuruiba, plus proche de l'étang et de la mer, tandis qu'à Tanca di Missa l'agriculture l'emportait. Avec l'Âge du Cuivre (culture de Monte Claro), le schéma changea radicalement : le seul site de cette période, sur la colline de Monte Arbu, se trouvait en position élevée — signe de tensions sociales liées à l'appauvrissement des terres et à la naissance de la métallurgie.

Les nuraghes et les échanges avec Chypre

Melis nota que la présence nuragique dans le territoire était relativement rare par rapport à d'autres zones de Sardaigne. La raison principale était géologique : Capoterra est granitique, et le granit ne convient pas à la construction des nuraghes, qui requièrent de préférence le basalte. Cependant, le nuraghe de Cucuruiba — un cas rare de nuraghe en plaine — était d'une grande importance pour sa position stratégique au débouché de deux voies de communication.

Une découverte particulièrement significative fut le fragment de lingot « en peau de bœuf » de type créto-chypriote, datable au XIIIe siècle av. J.-C. Ces lingots n'étaient pas produits en Sardaigne mais en Crète et à Chypre : leur présence plaçait Capoterra dans le réseau d'échanges transmarins qui reliait la Sardaigne à l'Égée, le même réseau attesté par le nuraghe Antigori de Sarroch, considéré comme un comptoir commercial international.

« Ce que nous trouvons n'est pas à nous, il est à nous et à tous, et il doit être respecté et protégé. Cette réunion d'aujourd'hui, si importante, ne doit pas être une parenthèse, mais le début d'une activité de planification, de sauvegarde et de valorisation. »

— Maria Grazia Melis, archéologue

Capoterra romaine : la villa de Su Loi et les mineurs de Thrace

L'archéologue Mauro Dadea déplaça le récit à l'époque romaine. Le nom même du lieu — Caput Terra — est latin et désigne le premier point de terre ferme au-delà de la lagune de Santa Gilla sur la route allant de Cagliari vers Nora et le Sulcis. Dadea reconstitua le débat du XIXe siècle entre l'abbé Vittorio Angius, qui défendait l'existence d'une route alternative contournant la lagune par Decimomannu, et Alberto della Marmora, convaincu que le cordon littoral était praticable.

Le territoire était parsemé de villas romaines. La plus importante, à la localité de Su Loi, fut partiellement fouillée dans les années 1950 par le surintendant Gennaro Pesce : elle possédait un complexe thermal et des mosaïques de sol à décoration géométrique. Dadea raconta avec regret que cette villa « personne ne sait ce qu'elle est devenue — je l'ai cherchée et recherchée, mais elle a disparu comme par enchantement après 1950 ».

En face de la plage de Su Loi, des jarres romaines avaient été découvertes enfouies à dix mètres du rivage — un entrepôt pour des produits agricoles. Alors que la Guardia di Finanza enquêtait sur la découverte, une journaliste de télévision arriva ; les agents, impatients de montrer leur trophée, brisèrent une des jarres qu'ils extrayaient laborieusement.

Mais la découverte la plus extraordinaire concernait les mines. À Bacchialino, à la localité Canali dei Sant'Antoni, existait un grand établissement minier romain avec des structures conservées sur plus d'un mètre cinquante de hauteur, datables entre les Ier-IIe et IVe-Ve siècles. Dadea formula une hypothèse fascinante : selon le Codex Theodosianum, des équipes entières de mineurs spécialisés dans l'extraction de l'or avaient fui les mines impériales du Chersonèse Thrace, attirés par la nouvelle de gisements d'or en Sardaigne.

« Je pense qu'une possibilité très concrète pour Capoterra de disposer d'un site archéologique de première importance en Sardaigne est précisément d'investiguer ce village de Bacchialino. On aurait le seul village minier de Sardaigne disponible pour la fréquentation touristique — un monument unique. »

— Mauro Dadea, archéologue

Le sanctuaire païen de Punta Santa Barbara

Dans les années 1970, des ouvriers forestiers stationnés à Punta Santa Barbara découvrirent des centaines de pièces de monnaie éparpillées sur le plateau sommital. La zone fut sondée au détecteur de métaux, mais personne n'en comprenait la signification. Dadea réussit à en récupérer neuf : elles étaient toutes du Bas-Empire, de Gallien à Théodose (fin du IIIe - IVe siècle). Avec les pièces se trouvaient des fragments d'os d'animaux brûlés : signe inequivoque d'un sanctuaire « de sommet » où l'on offrait pièces et animaux à la divinité par l'holocauste.

Dadea se pencha aussi sur le cas de Santa Barbara Vierge Martyre Cagliaritane, dont l'historicité avait été mise en doute les années précédentes. En 1997, le dessin exact de l'inscription trouvée sur son tombeau le 23 juin 1621 fut redécouvert aux Archives Archiépiscopales de Cagliari. L'analyse paléographique révéla une écriture « gothique épigraphique » datable aux XIIe-XIIIe siècles — non pas un faux du XVIIe, comme on l'avait cru, mais une authentique inscription médiévale.

L'église de Santa Barbara (1281) et les bassins céramiques islamiques

La façade romane de l'église de Santa Barbara, construite en 1281 en style roman-toscan, présentait une série de niches qui accueillaient jadis des bassins céramiques décoratifs. Il n'en restait que quatre, dont une proto-majolique de Brindisi du XIIIe siècle et un fond de coupe en majolique islamique de production maghrébine, décorée au cobalt et au manganèse. L'inscription de fondation attestait que l'église fut construite « le seigneur Gallo étant évêque résidant de l'église de Cagliari et Praguantino, ermite, gouverneur de ses coermites ».

Le point de non-retour vint en 1355. Quand Mariano IV d'Arborea déclara la guerre à la couronne d'Aragon, le seigneur de Quirra, Berengario Carroz, sortit du château de San Michele et envahit les possessions du juge dans le bras occidental du golfe des Anges, mettant Capoterra à feu et à sang. Le territoire resta inhabité pendant trois siècles, jusqu'à la refondation de 1655.

Deuxième partie — De la refondation au féodalisme (1655-1840)

L'historien Emanuele Atzori, décrit par le modérateur comme « la mémoire historique vivante de Capoterra », reconstitua l'histoire moderne du village depuis la destruction médiévale jusqu'au milieu du XXe siècle.

Les Torrellas : médecins, barons et meurtriers

Le fief dépeuplé de Capoterra fut acquis le 14 janvier 1494 par Ausia Torrellas, un médecin phlébologue d'origine espagnole enrichi par la pratique médicale et désireux d'investir ses capitaux dans l'achat de fiefs. En 1500, il agrandit le territoire en achetant le fief voisin de Sarroch. Son fils Nicolò devint un personnage de prestige de la noblesse sarde, admis dans l'état militaire en 1504 et nommé ambassadeur de Cagliari à la cour en 1534.

Mais la famille Torrellas fut aussi protagoniste d'épisodes sombres. Dans les luttes intestines du XVIe siècle entre factions nobiliaires, les fils de Nicolò prirent le parti des Aimerich contre les Arquer. Les violences aboutirent au meurtre d'un notable, et l'enquête fut confiée à Sigismondo Arquer, qui paya cher son intégrité : il mourut brûlé vif à Tolède le 4 juin 1571, accusé de luthéranisme pour avoir dénoncé les mauvaises mœurs du clergé et de la noblesse.

La refondation : 9 mai 1655

Le protagoniste du renouveau fut Girolamo Torrellas, baron de Capoterra et Sarroch, né à Cagliari en 1598. Homme de grande culture et de sens politique, il fut vicaire royal de Cagliari en 1631 et commissaire général du Royaume sous le vice-roi Fabrizio Doria, duc d'Avellano. Le roi Philippe IV d'Espagne lui confia la mission de repeupler le territoire.

Atzori révéla avoir personnellement découvert la date exacte de la fondation : le 9 mai 1655. Il la trouva dans une sentence de la Réale Audiencia du 27 janvier 1819, faisant partie d'un litige entre le Conseil de la Communauté et la baronne Maria Rita Vico Zatrillas. La sentence faisait précisément référence à l'« instrument primordial de la fondation de la population de Capoterra » et précisait que le document contenait « tous les pactes et conditions auxquels Don Girolamo Torrellas reçut et installa les nouveaux colons qui ont donné naissance et existence au présent village ».

Les colons devaient payer au feudataire une série de redevances en nature et en espèces : le droit de fief, le laor di corte (pour ceux qui labouraient avec des bœufs), le droit de geôle, le droit de poule (pour les hommes mariés), et des redevances sur le miel, le fromage, le bois, les melons, le blé, l'orge et les pâturages. En échange, le baron fournissait des terres à cultiver en commun.

La toponymie originale et la vie quotidienne

Atzori reconstitua la toponymie originale : la rue principale s'appelait Sa Yammara, indiquée sur les cartes de l'époque comme « Sugaminu Manu », correspondant au tronçon du Corso Gramsci entre la Via Diaz et la Via Cagliari. Une autre rue s'appelait Sustrintu de Mesoida, l'actuelle Via Roma. De Sa Groji Santa — le carrefour entre le Corso Gramsci et la Via Diaz, où se trouvait la prison baroniale — partait Su Bamino de Subarropu, identifiable à la Via Diaz.

La vie quotidienne dans le Capoterra du XIXe siècle était dure et simple. Les maisons des plus pauvres étaient très modestes ; les plus dignes suivaient le schéma classique sardo-campidanais : un rez-de-chaussée dans une grande cour avec puits, meule à âne pour moudre le grain, four en coupole, étable pour le cheval, l'âne et les bœufs, charrette de travail, tas de bois, porcherie, poulailler et un petit réduit pour les besoins humains.

« Ceux qui n'avaient pas de puits allaient chercher l'eau avec des cruches en terre cuite, la puisant à la fontaine de la Concia ou aux sources voisines. La tâche de pourvoir à l'approvisionnement en eau incombait essentiellement aux femmes et aux jeunes filles. »

— Emanuele Atzori, historien

Les artisans étaient très peu nombreux, uniquement les indispensables : un charpentier doublé de tonnelier, un forgeron, un sellier, un cordonnier, un maçon. Il n'y avait pas de boulanger car le pain se faisait à la maison au moins une fois par semaine. Dans chaque maison digne figurait un métier à tisser indispensable, utilisé exclusivement par les femmes.

L'abolition du féodalisme et la révolte des éleveurs

En 1840, le rachat du fief fut sanctionné par brevet du roi Charles-Albert. Capoterra contribua à hauteur de 1 161 lires sardes. Le gouvernement savoyard divisa les terres communales en lots de deux hectares et les attribua par tirage au sort public le 14 mars 1845, en donnant la priorité aux sans-terres. Une nonantaine de familles devinrent propriétaires, avec l'obligation de clore et de cultiver dans un délai imparti.

Mais la surprise fut l'impôt foncier. Les grands éleveurs, furieux de perdre les pâturages communaux, répondirent par des intimidations et des dégradations des clôtures. La situation se détériora au point que la Secrétairerie royale d'État et de Guerre dut envoyer d'abord un détachement de soldats puis un escadron de cavaliers — les carabinieri de l'époque — qui arrêtèrent le chef des éleveurs. Les pluies diluviennes de 1846 et la mauvaise récolte de 1847 contraignirent de nombreux nouveaux propriétaires à vendre leurs lots fraîchement reçus à de riches propriétaires pour une somme dérisoire.

Sergio Atzeni, fils de Capoterra

Atzori clôtura son intervention par un hommage à l'écrivain Sergio Atzeni, né le 14 octobre 1952 à 10h15 du matin dans la maison de style sarde de la famille Atzori au Via Zuini 11. « Sergio était fier d'être né dans un village comme Capoterra plutôt qu'à Cagliari, la ville blanche, comme il l'appelait, qu'il n'aimait guère. » Il mourut tragiquement sur l'île de San Pietro le 6 octobre 1995, à seulement 43 ans.

Troisième partie — L'église et la communauté (1700-1950)

La docteure Pena Reputu, médecin de santé publique avec « la passion de la recherche historique », prit la parole pour raconter trois siècles de vie paroissiale reconstitués à travers l'étude des quinque libri — les registres obligatoires instaurés par le Concile de Trente consignant baptêmes, confirmations, mariages, décès et l'« état des âmes ». Capoterra conserve 24 volumes, de 1658 à 1937, dans les archives paroissiales.

Plus de vingt fêtes et l'origine des familles

Les quinque libri permettaient de reconstituer la provenance des premiers colons. Au XVIIIe siècle, on célébrait au moins une vingtaine de fêtes religieuses : Santa Rosa, San Sebastiano, San Giovanni Battista, Sant'Antonio Abate, San Michele Arcangelo et bien d'autres. L'explication était simple : les colons venaient des endroits les plus divers de Sardaigne et apportaient avec eux les saints de leurs terres d'origine.

Sant'Antonio Abate fut instituée vers 1720 grâce au legs testamentaire de Fulgenzio Piano, qui donna tous ses biens à la paroisse à condition que cette fête soit célébrée. De nombreuses célébrations ont survécu pendant des siècles précisément grâce à ces conditions testamentaires.

L'église baroniale et la plainte des curés

La situation de l'église paroissiale fut un thème récurrent pour des générations de recteurs. En 1750, le curé Don Giacomo Manca écrivit à l'évêque en des termes qui trahissaient toute sa frustration : l'église avait été construite « par Don Geronimo Torrellas selon son goût » et le baron « en conserve le domaine ». Pour l'atteindre, il fallait traverser le Rio Concia à gué, impraticable à certaines périodes de l'année.

Le cimetière, attenant à l'église, était petit et dépourvu de sépultures dédiées aux ecclésiastiques et aux enfants. Un tiers des ancêtres de Capoterra fut enterré directement à l'intérieur de l'église, sous le sol, à au moins trois palmes de profondeur — avec les recommandations de l'évêque de bien fermer les cercueils « pour ne pas laisser transpirer les odeurs ».

Le recteur Lecca : cinquante ans de combat

Une figure centrale de la vie religieuse et civile fut le recteur Tomaso Lecca, qui gouverna la paroisse de 1890 à 1940. Il fut le premier à entreprendre des recherches historiques sur Capoterra, et un homme « d'une trempe exceptionnelle » qui n'eut pas peur d'affronter quiconque — riches propriétaires, administrateurs et noblesse compris.

Le recteur Lecca alla jusqu'au tribunal contre le Marquis Manca di Vallermosa, qui avait obtenu en emphytéose perpétuelle trois immenses parcelles dans la zone de Sospanto. Lecca gagna le procès mais dut finalement céder devant la Banque d'Italie qui avait mis les terres aux enchères : « je ne peux pas lutter contre le pluton de l'or ».

Sous sa direction naquirent de nombreuses associations religieuses — de prière, de Sainte-Anne, Santa Barbara, Sainte-Lucie, Notre-Dame du Carmel, Saint-Antoine, les Luigini. Mais quand l'évêque lui demandait si les fidèles assistaient aux offices, Lecca répondait honnêtement : « la moitié du peuple transgresse le précepte pascal, oui, mais surtout les riches, les notables, les fonctionnaires et les magistrats civils ».

La cérémonie du souvenir (1910)

Le 20 novembre 1910, le recteur Lecca organisa une cérémonie solennelle pour transférer les ossements de l'ancien cimetière (abandonné depuis 1858) à l'ossuaire du nouveau. Dans son discours, en énumérant les noms de famille des ancêtres — Baio, Melis, Palpada, Piciocchi — il exprima l'espoir de publier un jour un livre sur l'histoire du village : « je ne peux pas le publier, mais Dieu le voudra ».

L'église paroissiale de 1858 et ses problèmes

La nouvelle église, conçue par l'ingénieur Francesco Imeroni, fut construite entre 1855 et 1858 avec un emprunt de 20 000 lires auprès de la Cassa Depositi e Prestiti — une somme énorme pour une communauté de 824 habitants. Pendant les travaux, une partie de la nef s'effondra. L'inondation de 1898 causa de graves dommages au presbytère et à l'église elle-même. En 1910, un curé la décrivit dans une lettre pastorale comme « construite sans conscience » : elle avait été conçue pour mille âmes, mais le village en comptait déjà 1 800 et dans les années 1930 il y en aurait 3 500.

Le don Zarpata et les Donne di Carità

En 1944, Zarpata fit don à la paroisse du terrain constructible où se trouvaient les ruines de l'ancienne église, de la maison baroniale et du cimetière, afin qu'y soit construit un asile paroissial pour l'éducation des enfants.

Sous Don Olla, successeur de Domocci, naquirent les Donne di Carità : cinquante bénévoles qui assistaient au moins quarante familles dans le besoin, avec des personnes âgées, malades et seules. « Elles allaient personnellement porter le lait, la nourriture, et assistaient les malades en tout. »

Quatrième partie — Développement et patrimoine en péril

La recherche des élèves

Avant la dernière intervention, le modérateur Curusi voulut donner la parole aux élèves de troisième du collège, guidés par la professeure Simone Tapao et le professeur Massimo Onis. Pendant des mois, ils avaient interviewé les anciens du village et consulté des documents dans les archives de l'État, de la commune et de l'école, produisant un livre sur la vie quotidienne à Capoterra. Curusi en fut impressionné : « Ce n'est pas le genre de chose qu'on fait pour dire qu'on l'a fait — c'est quelque chose de sérieux, fait vraiment bien. »

Documents criminels : la violence dans le Capoterra du XIXe siècle

La docteure Vesina, fraîchement diplômée en histoire, présenta les résultats de sa thèse sur la criminalité à Capoterra entre 1810 et 1835, basée sur les procès des Réales Audiencias. Dans un village de moins de 650 âmes, les cas de violence étaient proportionnellement nombreux, signe d'une profonde crise économique et de déséquilibres sociaux.

Le cas le plus détaillé était le meurtre de 1813 dans le quartier d'Efistanas. Une femme fut blessée par balle dans sa maison en présence de ses enfants. Elle survécut quatre jours, permettant aux juges de l'interroger. La victime déclara : « Je suis certaine que le coup de feu a été tiré par Girolamo Pinna. » Le mobile était la jalousie pour un pêcheur de Cagliari. Presque tous les cas restèrent non résolus faute de preuves scientifiques.

La destruction de l'église de Santa Maria Maddalena

L'intervention la plus dramatique fut celle de Mauro Dadea sur le sort de l'église médiévale de Santa Maria Maddalena. En 1998, les travaux de construction de la Residenza del Sole avaient mis au jour des vestiges des périodes punique, romaine, protobyzantine et médiévale. Dadea se rendit sur le chantier pour documenter les découvertes, mais la zone était gardée par des vigiles armés accompagnés de meutes de chiens.

Deux ans plus tard, l'église avait été rasée. Les pierres — seuils, linteaux, blocs de grès — avaient été utilisées comme fondations pour les villas. Dadea avait envoyé deux lettres recommandées à la Soprintendenza, une en 1998 et une en 2000, sans recevoir de réponse.

« Se développer au-dessus des églises ou au-dessus des monuments de notre histoire n'est certainement pas le type de développement qui nous convient. »

— Claudio Curusi, modérateur

L'appel final

Le maire Marongiu avait ouvert le colloque en rappelant la transformation du paysage : en 1655, le territoire devait être riche de forêts de chênes et de chênes verts, avec des cerfs, des sangliers et des chevreuils. Du paysage originel ne subsistaient que des bribes — le bois de Scardaglia, le col d'Inghino. Le plan de construction de 1969 avait transformé les grands domaines agricoles en zones constructibles sous la pression spéculative de Cagliari. Le colloque se clôtura par la proposition d'organiser un débat public sur ce qu'avaient été les cinquante dernières années de développement.

"« Merci à tous, bonne soirée, et meilleurs vœux à Capoterra. »"

I contenuti delle sezioni Storia, Monumenti, Tradizioni e Territorio sono stati arricchiti con le informazioni emerse dal convegno.

Source : transcription du colloque « Capoterra 1655-2005 — 350 ans d'une nouvelle histoire », Casa Melis, Capoterra, décembre 2005. Intervenants : Maria Grazia Melis, Mauro Dadea, Emanuele Atzori, Pena Reputu, Dr Vesina. Modérateur : Claudio Curusi. Interventions institutionnelles : maire Giorgio Marongiu, adjoint Enrico Congedo.